Vrai ou faux?
# 1 : Les
personnes qui menacent de se suicider ne le font pas ?
FAUX : Sur 10 personnes, 8 ont exprimé leur intention de se suicider.
Toutes allusions au suicide ou à la mort doivent être prises au sérieux.
# 2 : Les suicidaires ne sont pas décidés à mourir ?
VRAI : Ce n'est pas la mort que la personne cherche, mais la fin de la
souffrance. Pour elle, il n'y a plus d'autres solutions. Elle vit de
l'ambivalence (n'est pas certaine) jusqu'à la fin et donne des signes pour
qu'on l'aide.
# 3 : Le suicide n'est pas une question de courage ?
VRAI : Il n'y a ni courage, ni lâcheté. La personne ne voit plus
d'autres choix possibles pour se sortir d'une situation qui lui est intolérable.
# 4 : Le suicide est héréditaire, c'est une affaire de famille ?
FAUX : Toutefois, les conséquences émotives (tristesse, dépression,...)
dans une famille peuvent être importantes et nécessitent un soutien
particulier.
# 5 : Faut être fou ou malade mental pour se tuer ?
FAUX : La personne est en détresse et très malheureuse.
# 6 : Parler du suicide à un ami et lui poser des questions peut
l'encourager à le faire ?
FAUX : En parler, ça lui permet d'exprimer une émotion qui l'habite, écouter
sa souffrance c'est lui ouvrir une porte sur l'espoir. On doit porter attention
aux messages de détresse qu'on nous envoie et aller chercher de l'aide.
# 7 : Il n'y a pas plus de suicides chez les pauvres que chez les riches ?
VRAI : Il peut se produire peu importe le milieu et le temps de l'année.
# 8 : Suicidaire un jour, suicidaire toujours ?
FAUX : Une fois la crise passée, les personnes peuvent se reprendre en
main et retrouver le goût de vivre. La plupart du temps la personne en ressort
plus forte après une crise.
# 9 : Une amélioration après une crise suicidaire signifie que le risque
est passé ?
FAUX : La personne reste vulnérable environ 6 mois après une crise.
Elle peut avoir pris la décision de se suicider et cette solution peut la
soulager et la rendre heureuse.
QUELQUES SIGNES PRECURSEURS
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Signes psychologiques |
Signes biologiques |
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Messages directs |
Messages indirects |
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Actions et comportements |
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LA CRISE SUICIDAIRE
Tant sur le
plan physique que sur le plan psychologique, tout individu tend à maintenir un
état d'équilibre. Parfois un ou plusieurs événements (rupture, deuil, perte
d'emploi, échec scolaire...) ou des facteurs liés au développement de
l'individu viennent briser cet état d'équilibre. La personne se trouve dans un
état de vulnérabilité, nous pouvons donc parler de pré-crise. S'il retrouve
des solutions à son ou ses problèmes, il y aura retour à l'équilibre et la
crise sera évitée. Toutefois, une crise peut survenir si le recours aux mécanismes
d'adaptation ne contribue pas à résoudre le problème.
Il est à noter que toutes les crises ne sont pas des crises suicidaires. Ces
dernières se distinguent évidemment par la présence de comportements
autodestructeurs : le suicide est perçu comme un moyen de faire cesser la
couleur et la souffrance.
Lors d'une crise suicidaire, le déséquilibre se manifeste de diverses façons.
Ainsi on remarque parfois que la personne en difficulté est submergée par ses
émotions, qu'elle semble fatiguée et même vidée physiquement, qu'elle se perçoit
négativement et croit qu'elle n'en sortira jamais.
C'est la perception que l'individu a d'un problème et l'impression que rien ne
peut y faire, qui entraîne une crise. Ainsi face à un même événement,
certains vivent une crise ou une crise suicidaire, tandis que d'autres réussissent
à l'éviter en faisant appel à leurs mécanismes habituels d'adaptation.
Les personnes suicidaires ont souvent l'impression ou la certitude d'avoir épuisé
tous les moyens à leurs dispositions pour solutionner la crise à laquelle ils
font face. Certains ont en effet épuisé leur répertoire de stratégies
personnelles.
Il y a résolution positive si l'individu trouve ou développe des mécanismes
d'adaptation (lecture, thérapie, groupe d'entraide, échanges...) qui lui
permettent de retrouver un état d'équilibre égal ou supérieur à celui qu'il
avait atteint auparavant.
Il y a résolution neutre si l'individu utilise différents moyens pour ne pas
vivre ou affronter la situation problématique (heures supplémentaires, partir
en vacances...). Dans ce cas, la situation problématique va resurgir tôt ou
tard.
Il y a résolution négative si l'individu adopte des stratégies ou a recours
à des mécanismes d'adaptation comme la drogue et l'alcool. Ces comportements
ne règlent pas les problèmes et de plus ces comportements ont tendance à créer
de nouvelles situations problématiques. La personne demeure donc en état de déséquilibre,
puisqu'elle n'a pas trouvé de mécanismes d'adaptation positifs.
EVALUATION DE L'URGENCE
9 = MORT
8 = TENTATIVE EFFECTUÉE : La personne a mis en oeuvre son plan d'action
( ex : a absorbé des médicaments, a commencé à s'automutiler, etc.) À ce
niveau de l'échelle, l'intervention médicale est nécessaire et il est
important de se rappeler que l'intervenant n'a pas à évaluer ou à juger lui-même
de la létalité du moyen utilisé.
7 = LA PLANIFICATION DU SUICIDE EST COMPLÈTE : (Où, Quand, Comment,
Avec quoi). La personne menace de passe à l'acte immédiatement. Le moyen
retenu est disponible(pilules, arme à feu chargée, etc.) et la personne menace
de l'utiliser durant l'appel ou immédiatement après avoir raccroché.
6 = LA PLANIFICATION EST COMPLÈTE : La personne pense de passer à
l'acte dans les 48 heures. La personne a en main le moyen qu'elle a choisi ou a
accès à ce moyen (ex. : le métro, pilules, etc.)
5 = LA PLANIFICATION EST COMPLÈTE : La personne menace de passer à
l'acte au-delà de 48 heures. La personne a en main le moyen qu'elle a choisi ou
a accès à ce moyen (ex. : le métro, pilules, etc.)
4 = LA PLANIFICATION DU SUICIDE EST EN COURS : La personne a décidé que
le suicide est la seule solution ou bien il semble que c'est l'option
principale. À ce stade, la personne mentionne qu'elle ne sait pas exactement
comment elle va le faire et à quel moment elle va le faire. Il manque un ou des
éléments de la planification. (Où, Quand, Comment, Avec quoi).
3 = PENSÉES SUICIDAIRES FRÉQUENTES : La personne pense au suicide régulièrement
chaque jour. "Je me réveille tous les matins en me demandant si ça vaut
la peine de continuer à vivre; si je ne suis pas mieux de mourir, etc."
2 = PENSÉES SUICIDAIRES OCCASIONNELLES : La personne dit penser au
suicide quelques fois par semaine. La personne y pense, se pose des questions,
envisage cette possibilité de plus en plus sérieusement mais n'est pas encore
obsédée quotidiennement par ce choix.
1 = "FLASH" OU IDÉATIONS SUICIDAIRES : Il s'agit de l'étape où
la personne a ses premières idées suicidaires; elles sont plus diffuses (ex :
idée de mort, idée d'être poussée accidentellement devant le métro, etc.)
soit plus précises, mais très brèves et non ruminés. Nous retrouvons également
les personnes qui ont déjà pensé au suicide sans toutefois y penser
actuellement.
N/A = APRÈS INVESTIGATION, la personne dit ne jamais avoir pensé au
suicide, ne jamais avoir fait de tentative de suicide. En ce moment, la personne
vous dit ne pas être suicidaire. Par exemple, la personne veut jaser, laisser
un message à un permanent, etc.
INDICE DE COMPORTEMENTS SUICIDAIRES
JEUNES
| Prédisposition individuelle |
Peu d'habilité à développer des mécanismes d'adaptation Une tentative antérieure de suicide Problèmes d'apprentissage et d'impulsivité Désordre psychiatrique associé à une dépression, une conduite antisociale ou à l'abus de substances Problèmes chroniques dans les relations avec les pairs Relation d'attachement pathologique avec les parents Perte d'un parent tôt dans la vie Homosexualité, plus particulièrement pour les jeunes hommes, durant l'adolescence |
| Milieu social |
Isolement social et perte d'intégration sociale Manque d'habiletés familiales à aider les jeunes suicidaires Psychopathologie chez un ou des parents Antécédents suicidaires dans la famille Taux de chômage élevé et pauvreté des enfants et des jeunes Sensationnalisme dans la présentation du suicide par les médias Le suicide est un comportement jugé acceptable ou « privé » Abus ou négligence |
| Facteurs environnementaux immédiats |
Décès ou divorce des parents Accès facile aux moyens Consommation d'alcool et de drogue Conflit sérieux avec un membre de la famille Imitation ou contagion des comportements suicidaires Perception du rejet par la famille Rejet par les pairs ou perte d'une relation significative Échec scolaire, expulsion de l'école et pression pour réussir |
| Prédisposition individuelle |
Manque d'aptitude à résoudre des problèmes Tentatives antérieures de suicide Le fait d'être détenu ou prévenu Désordres psychiatriques, tels que dépression (particulièrement unipolaires), schizophrénie, désordres d'anxiété et de la personnalité Facteurs génétiques et biologiques Traits de personnalité (anxiété, sentiment de contrôle, faible estime de soi, traits névrotiques) Abus de substances(alcool et drogues) Homosexualité |
| Milieu social |
Absence de réseau social et isolement associé au divorce, au veuvage ou à une séparation Taux de chômage élevé Le suicide est considéré comme un comportement acceptable Abus sexuel et physique chez la femme |
| Facteurs environnementaux immédiats |
Accessibilité aux armes à feu Consommation d'alcool et de drogues Présence d'une maladie grave (SIDA, personne séropositive après les diagnostics) Événements de vie humiliants, fin d'une relation significative ou de problèmes interpersonnels importants |
PRINCIPES DE BASE DE L'INTERVENTION
Pierre Morisette dans son livre Le suicide, démystification, intervention, pose trois principes de base concernant l'intervention auprès de la personne suicidaire : 1. Ne jamais travailler seul avec une personne suicidaire. 2. Un excellent contact avec la personne suicidaire est une condition essentielle à une intervention efficace. 3. L'intervention auprès de la personne suicidaire soit être active. 1. Ne jamais travailler seul avec une personne suicidaire. « Il faut que l'intervenant se trouve des ressources de support, de supervision et d'échange sur son travail. Il faut aussi qu'il utilise au maximum les ressources personnelles et communautaires de la personne suicidaire. La problématique suicidaire est souvent très complexe et demande de multiples interventions : interventions médicales, organisation pratique, thérapie de deuil, accompagnement amical, écoute active, groupe de support, intervention de crise. La connaissance et l'utilisation de ressources communautaires sont donc des pré requis à une intervention efficace auprès d'un suicidaire. » 2. Un excellent contact avec la personne suicidaire est une condition essentielle à une intervention efficace. « L'établissement d'un bon contact passe par l'acceptation de la personne dans son comportement, par la délimitation très claire des limites de l'intervenant et par la recherche d'objectifs précis sur lesquels sera basée l'intervention. » « C'est donc sa responsabilité (de l'aidant) d'établir un rapport basé sur la franchise, la précision et la compréhension. » 3. L'intervention auprès d'un suicidaire doit être active. « Elle doit être tournée vers l'action directe. (...) la personne est invitée à poser des gestes, explorer des alternatives et rencontrer les ressources appropriées à sa situation. La personne suicidaire doit bouger : l'intervention doit être soutenue, précise et déboucher rapidement sur des résultats. La personne suicidaire doit sentir que quelque chose se passe... » |
QUELQUES PISTES D'INTERVENTION
Ce qu'il faut faire :
Avant tout il faut être honnête avec la personne afin d'établir un climat
de confiance.
Parler ouvertement du suicide et s'exprimer avec clame (ne pas avoir peur de
le demander clairement)
Essayer de comprendre ce que la personne vit. Le plus simple est de lui
demander directement.
Évaluer les risques que la personne se suicide prochainement : parler de son
envie de mourir, lui demander : où, quand et comment elle pense se tuer.
Essayer de trouver ce qu'il ou elle pense qui la rendrait heureuse, lui aider
à trouver d'autres solutions qui pourrait l'aider à passer sa crise
suicidaire (quelles solutions utilisais-tu avant lorsque tu avais un problème
?)
Raccrocher la personne aux activités qu'elle aime ou qu'elle aimait faire
avant que ça aille mal. L'encourager à faire des activités, à rencontrer
des gens, mais dans la mesure de ses capacités du moment et à son propre
rythme.
Lui expliquer qu'il existe une solution autre que le suicide. Qu'il est
important de ne pas rester seul avec un problème et de demander de l'aide
afin de trouver des solutions qui lui conviennent afin d'en arriver à vivre
en harmonie avec elle-même dans les jours futurs.
Ne jamais intervenir seul auprès d'une personne suicidaire. Si vous ne vous
sentez pas en mesure de l'aider dites-lui et orientez-la vers une ressource
appropriée. Si vous avez besoins d'aide à poursuivre votre intervention vous
pouvez demander de l'aide au centre de prévention du suicide de votre région.
Vous n'êtes jamais responsable du geste suicidaire d'une personne.
Ce qu'il ne faut pas faire :
Éviter de juger la personne, ne pas se moquer d'elle, ne pas l'humilier.
Éviter de moraliser : ne lui dites pas de ne plus penser à la mort, mais
parlez-en avec la personne suicidaire.
Ne donnez pas vos recettes du bonheur parce que chacun à sa façon de vivre
et d'être heureux selon SA personnalité.
Ne faites pas tout à la place du suicidaire afin de l'aider; il pensera alors
qu'il n'est plus capable d'agir et que vous ne lui faites pas confiance.
Ne prétendez pas avoir réponse à tout.
Ne lui faites pas de promesses que vous ne pouvez pas tenir.
Ne jamais mettre une personne suicidaire au défi de passer à l'acte
*Séguin, Monique. Le suicide, comment prévenir
*Smith, Julie. Coping with suicide